Du « Champagne » au Saumur Champigny, l’histoire d’une Maison saumuroise.

Mousseux, Champagne, de Louis Duveau à Serge Chapin…100 ans de réussite et d’excellence pour les crémants du château de Varrains, plus connus sous le nom de Clos Chapin.

Retour sur cette histoire de famille

Tout débute en 1848, lorsque Louis Duveau crée une activité de mousseux dans une partie des caves Bouvet Ladubay à Saint Hilaire Saint Florent près de Saumur. En 1868, il manque d’espace et acquiert le Château de Varrains, au cœur d’un vignoble de cabernet. Il s’associe avec  son neveu Edmond Chapin et crée la société Chapin & Cie.

Château de Varrains 1870

De nouvelles installations sont créées pour la production des crémants de Saumur par méthode champenoise et de profondes galeries sont creusées dans le sous-sol calcaire, constituant d’immenses caves (5200 m en 1893) pour entreposer et laisser vieillir plus d’un million de  bouteilles.

Cave du château de Varrains

Fin XIXème, les ventes de mousseux sont considérables et ces « Champagnes » s’exportent à 70%.
Edmond Chapin expédie ses paniers de Sparkling Saumur « cuvée maison Chapin » au Royaume Uni, en Irlande, en Europe centrale, en Egypte, dans les Indes et les Amériques : les garnisons anglaises étant particulièrement « friandes » de ce vin.
En parallèle pendant cette phase d’expansion, une maison est installée en Champagne et vend ses vins sous la marque « Hautmont ».

L’histoire de famille se poursuit avec Maurice Chapin, fils d’Edmond. Il se sépare de l’activité en Champagne et développe Varrains, en créant le grand chai. En 1921, il s’associe avec son ami Emile Landais, propriétaire de la maison Landais-Cathelineau à Chacé et créent ensemble la société « Chapin & Landais ». Leur clientèle est vaste (grossiste, importateurs, cavistes, restaurateurs et particuliers).

Puis Yves Chapin, le fils de Maurice, prend la direction en 1932. Les activités sont réunies à Chacé, qui bénéficie d’une voie privée de raccordement de chemin de fer dans la propriété : un vrai « plus » pour les expéditions de « vins de Saumur » (et non plus Champagne) par wagon à partir des chais, le plus vendu étant le « Grand Saumur ».

Après la seconde guerre mondiale, les exportations s’intensifient vers le Canada et les Etats Unis, non seulement les vins de Saumur, mais tous les vins de qualité du Val de Loire (Rosé d’Anjou, vins de Vouvray…). Serge Chapin prend la suite en 1969 et augmente la gamme de vins, en y ajoutant les vins du bordelais.

Avec la crise internationale de 1975, les Champagnes s’intéressent aux vins de Saumur et en 1977, un accord est signé entre Serge Chapin et le groupe Taittinger : la société Chapin Landais devient une sous-filiale du groupe, ce qui lui permet d’obtenir un nouvel essor en France et à l’étranger. Elle s’installe à nouveau à Saint Hilaire Saint Florent, là où tout a commencé en 1848 : la boucle est bouclée.

 

Et Varrains alors ?

Dans les années 60-70, l’appellation Saumur Champigny s’étend à Varrains, Chacé, Saint Cyr…

Aujourd’hui, le « clos Chapin » est vinifié à la propriété  et ne demande qu’à être dégusté.

2015 : retour aux sources, avec un crémant dont nous avons le secret…

Varrains sept 2014 (36) 2

Vins et patrimoine : un savoureux mélange

 

De Louis Duveau à Serge Chapin, pères, fils et neveux, ont tous marqué cette maison et ont écrit son histoire.

Serge CHAPIN, passionné d’histoire, d’art, de musique et de jardinage a dirigé de main de maître cette grande maison de 1969 à 1996. Il habite toujours le petit pavillon et entretient avec passion un jardin romantique.

 

Voici l’histoire de ce château 

Varrains est situé dans le fief de l’Abbaye de Saint Florent. Il a appartenu jusqu’en 1714 à Charles de Carbonnier.

  • Il est ensuite la propriété de Jean CHESNON DE SOUDE (conseiller du Roi, conseiller de SAS Monseigneur le Duc d’Orléans).
  • Louis REIGNER, Receveur Général des Fermes et Finances de Brest achète le château en 1788 aux frères Chol de Torpanne.
  • Puis Jean-Baptiste CAILLEAU, maire de Candes puis maire de Saumur, l’hérite en 1815. Les Cailleau appartenaient à une dynastie de grands entrepreneurs des XVIIIème et XIXème siècles. Ils ont notamment réalisé à Saumur les ponts Cessart et Fouchard, l’ancien théâtre-Halles et les quais sur la Loire.
  • Le comte Henri BERNARD de LA FREGEOLIERE, Capitaine de la Gendarmerie Royale de Charente Inférieure achète la propriété de 27 hectares en 1829.
  • Louis DUVEAU l’acquiert en 1869, sans acheter la totalité des terres. Il achète 6,45 hectares et centralise ses bureaux et la production de ses vins (1,5 million de bouteilles à l’origine), avec le grand salon central transformé en salle des étiquettes.
  • Il vend la propriété en viager en 1893 à son neveu par alliance Edmond CHAPIN, qui en fait sa maison d’habitation et la rénove complètement. Son fils Maurice apporte les embellissements actuels.
  • Les descendants directs Pierre et Christophe MICHAUD sont les propriétaires actuels du château. 

 

 

Un peu d’architecture

Le Château de Varrains, situé au 11 de la Grande rue, a été reconstruit au XVIIIème sur des bases plus anciennes.
Son élégante Varrains sept 2014 pigeonnierfaçade comporte deux retours surmontés de frontons en demi-lune en pierre de tuffeau et ornés de bustes de femmes aux épaules drapées en médaillon d’inspiration Renaissance.
Le domaine s’organise autour de trois cours : la cour d’honneur (1780), la cour des dépendances avec écuries et pigeonnier et la cour viticole du XIXème siècle.

La partie centrale du XVIIème a été encadrée par deux extensions successives, l’une juste avant la Révolution et la seconde fin XIXème, avec une grille en fer forgé à l’entrée aux initiales d’Edmond Chapin.

L’architecture de cette maison côté cour a des similitudes avec l’une des façades du château de Chacé (actuelle mairie) et avec le domaine de l’Oratoire à Chaintres.

Au passage de la cour d’honneur à la cour des écuries au 9 Grand’rue, se trouve un pigeonnier (ou fuie) du XVIème. Il possède une architecture originale, avec sa base carrée semi-enterrée se prolongeant par une structure pyramidale, coiffée d’un lanternon à grandes ouvertures cintrées d’une grande torchère. 

Au niveau de la fuie se trouve une grille du XVIIIè provenant d’un bel hôtel particulier de Bordeaux, actuellement consulat d’Espagne. 

Une des autres spécificités de ce domaine est la splendeur des caves d’environ 6000 mètres sur trois étages. Elles ont servi à stocker des futailles et des vins mousseux. On y retrouve les anciens pressoirs et leurs antiques « enchères » et les caveaux du château, datant du XVIème, avec leurs séries de niches verticales recevant les fioles de vin bouchées de chevilles de bois ou d’étoupe passées à la cire.

Quant au parc du château, il se compose d’un jardin à la française, d’un jardin à l’anglaise et d’un jardin « sauvage » très en vogue à l’époque romantique. Le clos de vignes d’environ 4 hectares de cabernet franc est lui entouré de vieux murs, témoins d’événements tragiques lors de la prise de Saumur par l’armée vendéenne en juin 1793. Petite et Grande Histoire, Varrains ne cesse de nous surprendre.

 

Merci infiniment à Serge Chapin et à la famille Michaud pour toutes les informations transmises sur l’histoire du château et de la propriété.

 

 

Varrains sept 2014 (73) façade